Portrait n°7 : le lierre grimpant

Un petit rameau délaissé pendant un stage de vannerie sauvage. L’occasion de nous demander pourquoi le lierre est si mal-aimé…

Dimanche 2 novembre 2019. Le paysan vannier Pierre Contamine est venu nous initier, le temps d’un week-end, à la vannerie sauvage. Le sol de la salle est couvert de brins de toutes sortes récoltés la veille. Ronce, noisetier, pervenche, saule, lierre, cornouiller, châtaignier, fusain et genêt. Les paniers en cours de fabrication sont tressés de vert, de brun, de blanc, de rouge… Et pendant que mes compagnons d’un week-end s’affairent, concentrés sur leurs ouvrages, je ramasse un bout de lierre grimpant abandonné à mes pieds. Ça peut faire un chouette dessin…

Depuis quelques années, les articles se multiplient pour défendre Hedera helix, cette liane bien connue mais tellement mal-aimée. Non, les crampons du lierre ne sucent pas la sève des arbres. Ses tiges ne les étranglent pas. Son système racinaire superficiel ne gêne en rien les arbres bien implantés, au contraire. Et son feuillage n’est jamais concurrentiel, sauf si l’arbre est déjà mal en point ; le lierre peut ainsi donner une bonne idée de la santé de son hôte, selon s’il maintient son feuillage en-dessous de celui de l’arbre ou s’il se met à le recouvrir.

Le lierre abrite et nourrit une faune considérable, bénéfique aux arbres et à tout l’écosystème. Ses feuilles persistantes protègent l’arbre du gel, de la chaleur et des gros mammifères grignoteurs de troncs. Sa litière nourrit l’arbre. Ses fleurs très mellifères sont une des dernières sources de nourriture de la saison pour les pollinisateurs. Ses fruits aident bon nombre d’oiseaux à passer l’hiver… Ses feuilles en décoction donnent une lessive efficace, facile à faire, écologique et gratuite, un anti-douleur en application externe contre les maux de tête ou la cellulite…

Et en plus on peut en faire des tressages de paniers ? Finalement, il est plutôt facile à aimer, ce lierre, non ?

Illustration : David Bricout

2 réflexions sur « Portrait n°7 : le lierre grimpant »

Répondre à KeeloOnen Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *